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Vendredi 9 mars 2018 tagFocus sur..., tagBretagne

LA MIXITE DANS L’AIDE A DOMICILE

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Depuis le mois de décembre 2017, dans le sud-Finistère, l’Adapa (Association douarneniste d'aide à la personne et d'accompagnement) l’Adima à Quimper (Association d'aide à domicile et d’initiative pour le maintien à l'autonomie) et l’ADMR (Aide à domicile en milieu rural) de Plogonnec (1) ont lancé le recrutement de douze postes d’assistant de vie aux familles H/F (ADVF) en association avec de nombreux partenaires locaux (2) dont Pôle emploi notamment pour la mise en œuvre de la méthode de recrutement par simulation (MRS). 

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D’ici 2040, la Bretagne va connaitre une augmentation de plus de 40 % du nombre de personnes âgées dépendantes. Ainsi, le secteur de l’aide à domicile connait-il des besoins croissants de recrutement et de professionnalisation de ses intervenants. C’est un secteur en tension. Faible rémunération, larges amplitudes horaires, travail le week-end et les jours fériés, travail isolé au domicile des usagers, accompagnement à la prise de fonction souvent insuffisant en font un secteur peu attractif.


Une action innovante
En Cornouaille, 900 personnes sont aidées en continu et 175 aidants sont mobilisés par l’Adapa, l’Adima et l’Admr de Plogonnec.

Aussi, afin de renouveler les effectifs en prévision des départs en retraite et des évolutions d’activités des services, les trois associations proposent douze contrats de professionnalisation (3) d’assistant de vie aux familles H/F en contrat à durée indéterminée sur les secteurs de Quimper, Douarnenez et Plogonnec.

En mars 2018, les candidat(e)s retenu(e)s débuteront une formation financée par la région Bretagne. Ils ou elles intégreront un contrat de professionnalisation dès le mois de juin et poursuivront ainsi la formation en alternance. Un tutorat sera également mis en œuvre pour garantir l’intégration réussie de chaque recrue. Le dispositif vise à l’obtention du diplôme d’assistant de vie aux familles et du certificat complémentaire de spécification « accompagner la personne en situation de handicap vivant à domicile ».
C’est la première action d’alternance menée au sein des services à domicile en Bretagne.



Un recrutement ouvert à tous
Le recrutement a débuté le 26 janvier 2018 par une information collective  pour présenter les organismes recruteurs, le métier d’ADVF, le processus de recrutement et le parcours de formation. Fin janvier, une MRS a été organisée par Pôle emploi. 35 personnes s’y sont présentées.

La MRS vise, au travers d’exercices adaptés, à détecter les capacités des candidats à répondre aux exigences d’un poste de travail indépendamment de leur profil et de leur parcours. Une opportunité d’insertion pour les demandeurs d’emploi les plus éloignés de l’emploi (jeunes, séniors, licenciés économiques etc.). Bienveillance, capacité d’adaptation, autonomie et écoute sont les prérequis recherchés pour intervenir auprès de personnes dépendantes et/ou vulnérables.
Des entretiens de recrutement début février 2018 et une période de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP) (4) du 19 février au 9 mars 2018  clôtureront le processus de recrutement. 24 personnes ont été présélectionnées par la MRS dont  6 hommes. Une surprise pour un secteur très majoritairement occupé par les femmes.


Le témoignage de Jean-François C., 56 ans

Quel a été votre parcours professionnel jusqu’à présent?
«Pendant 25 ans j’ai été gestionnaire financier en région parisienne. Un plan social m’a permis de quitter Paris. En arrivant en Bretagne, j’avais le projet de créer une entreprise dans le secteur des services comme l’entretien du domicile et du jardin, l’accompagnement divers et varié de personnes… Le projet n’a pas abouti. Il y avait trop de concurrence dans le secteur. J’ai recherché un emploi administratif sans succès. J’ai alors occupé des missions intérim dans l’agro-alimentaire, pour manger. Après deux ans de précarité, lors d’un forum de l’emploi à Douarnenez, j’ai rencontré une conseillère sur le stand de Pôle emploi qui m’a aiguillé et aidé à entrer en formation d’agent de propreté, un métier très demandé sur le secteur. Depuis, j’ai du travail.

Pourquoi postulez-vous au poste d’assistant de vie à domicile aux familles?
Là encore, c’est une conseillère de Pôle emploi qui m’a informé de ce recrutement. Depuis que j’ai pris cet envol dans le secteur de la propreté, j’ai trouvé ma voie. Je veux aller plus loin dans l’aide apportée aux autres et surtout avoir plus de contacts avec les gens. C’est une suite logique de ma formation d’agent de propreté. Travailler en équipe et rencontrer des personnes que je pourrai aider, c’est mon objectif maintenant.

Les aides à domicile interviennent auprès de personnes en difficultés voire en situation vraiment difficile. Comment l’appréhendez-vous?
C’est un apprentissage et je suis très motivé pour apprendre. C’est grâce à la formation que je trouverai les solutions aux difficultés car de toute façon il y en aura! Tout seul, je n’aurais pas pu me lancer dans ce métier. La formation apporte l’essentiel d’autant que c’est une formation longue, sanctionnée par une certification. C’est comme un diplôme! En plus, je serai suivi par un tuteur dans les premiers temps.

C’est un métier majoritairement occupé par des femmes. Pensez-vous y trouver votre place ?
Oui tout à fait. Hommes ou femmes, nous avons tous quelque chose à apporter. Ce sont les relations avec les autres qui comptent. Une fois que la confiance est installée, qu’on soit homme ou femme ne change rien. On peut être tous différents mais on va tous dans le même sens. A partir du moment où les personnes m’acceptent, tout ira bien. C’est un partage. Je ne vois pas pourquoi un homme ne pourrait pas être assistant de vie à domicile. A la limite, les hommes y auraient plus leur place, pour soulever un malade très lourd par exemple. Cette différence hommes-femmes nous est inculquée dès l’enfance: le bleu pour les garçons, le rose pour les filles. Beaucoup de choses restent à faire pour l’égalité entre hommes et femmes et la mixité, ne serait-ce qu’en termes de salaire!

En tout cas, j’espère être retenu. Obtenir un CDI avec une formation qualifiante, ce serait vraiment bien… en plus je ne suis plus tout jeune…» 



(1) Associations à but non lucratif dont la mission d’intérêt général attribuée par autorisation du conseil départemental du Finistère est d’ « accompagner toute personne qu’elle soit bien portante, handicapée, vieillissante, ou isolée socialement à tout moment de sa vie pour lui permettre de faciliter son rythme de vie à domicile et pouvoir y vivre dans les meilleures conditions. »

(2) Dirrecte, Région Bretagne, Uniformation, Mission Locale, AFPA, Askoria, Cap emploi, Carsat Bretagne, Conseil départemental du Finistère.

(3) Le contrat de professionnalisation est un contrat de formation en alternance, associant formation pratique en situation de travail et formation théorique dans un organisme de formation ou dans une entreprise. Le contrat de professionnalisation concerne les jeunes de 16 à 25 ans, les demandeurs d’emploi de 26 ans et plus, les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), de l’allocation spécifique de solidarité (ASS) de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et les personnes ayant bénéficié d’un contrat unique d’insertion.

(4) Une PMSMP répond à l’un des objectifs suivants :
a) découvrir un métier ou un secteur d’activité
b) confirmer un projet professionnel
c) initier une démarche de recrutement




A titre d'illustration et au titre de la diversité : 


Répartition de la demande d’emploi en Bretagne au 31 décembre 2017



Remarques :
- Demandeurs d'emploi de longue durée : Les seniors et les travailleurs handicapés sont plus souvent en situation de chômage de longue durée que la population globale.
Les jeunes constituent la population la moins touchée par le chômage de longue durée.

- Activité réduite : peu de différences entre les  catégories, sauf les travailleurs handicapés qui ne sont que 27 % à travailler en activité réduite.

- Diplômes : les femmes et les jeunes sont les plus diplômés et dépassent le niveau de la population globale.

- Qualification cadre : Les seniors sont plus souvent cadres bien que moins diplômés que les jeunes et les femmes




Vendredi 9 mars 2018 tagFocus sur..., tagBretagne
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